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Boîte de Pandore

23 avril 2011

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Aujourd’hui nous avons rendez-vous avec Nabi Zada, photographe qui a pignon sur rue au rond-point Sedarat. C’est un autre photographe qui travaille non loin de chez nous à Medina Bazaar qui nous a arrangé le rendez-vous.
Jouer des contacts est une chose primordiale ici en Afghanistan. Tout fonctionne par réseaux. Un réseau social qui fonctionne sans internet. Cela fait du bien.
Chez ‘’Nabi Zada Photo Studio’’, on peut se faire tirer le portrait à toutes les sauces : Classique, sur fond de plage, dans un zoo entouré de lions, avec des hélicoptères, façon glamour avec les couleurs du visage retouchées et des flous romantiques, dans un décor idyllique où vivent en harmonie flamants roses, girafes et perroquets. Tous les goûts sont chez Nabi.

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Nous en venons au Sténopé (autre nom de la caméra obscura) et c’est avec un appareil neuf invendu que Nabi revient du fond de sa boutique au format de ticket de métro.

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Cet appareil est une pièce intéressante, il l’avait reçu dans son échoppe juste après que la profession soit passée au numérique. Les produits nécessaires pour le faire fonctionner n’étant plus disponibles et l’usage de la machine étant assez astreignant, personne n’en a fait l’acquisition. En effet trouver du papier photo, du révélateur et du fixateur sont des tâches ardues. Personne ne s’est donc intéressé à ce sténopé qui a séjourné plusieurs années dans l’arrière-boutique.

Bien que récent - probablement 3 ans d’age - cet appareil n’a pas échappé au voile de poussière locale qui lui donne une patine satisfaisante. Il aurait fallu 10 années en France pour lui donner la même allure.
Tout redevient poussière plus rapidement qu’ailleurs ici, il faut agir vite !

Après une heure de discussion, il nous invite à revenir le lendemain.
Pratique courante ici. La nuit porte conseil.
24 heures plus tard, Aurel devient l’heureux propriétaire de cette caméra obscura.

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La quête continue et c’est en rendant visite a l’ un des deux derniers photographes de rue que nous trouvons de la chimie.
En effet, Khaim nous vend un paquet de révélateur et du fixateur. Il a des filons pour s’approvisionner via le Pakistan. Nous avions par chance apporté une boîte de papier de Turquie.
La nuit tombe, Diego ausculte la lentille (originaire d’URSS) à la lampe frontale. Cette poussière-là, nous n’en avons pas besoin.

Les premiers tests s’avèrent concluants, une petite fuite de lumière par ci, un écrou à resserrer par là, ces appareils c’est comme notre bus, il y a toujours quelque chose bricoler dessus.

Voici la première photo test prise par Aurel.

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